VOL RANDO A LA TUSSE DE MONTARQUE

LES PYRENEES VUES d’EN Oô
vendredi 21 octobre 2011

VOL RANDO : LA TUSSE DE MONTARQUÉ 2889 m

ou les PYRENEES VUES d’EN Oô


Ce fou de Sébastien nous fait rêver et cogiter pendant une semaine en proposant ce vol rando : c’est vrai que les conditions météo semblent hyper favorables mais 1740 mètres de dénivelé, c’est pas rien ! Quatre mousquetaires se décident : Bertrand, Christian, Jean-Claude, Sébastien.

Après plusieurs stations dans différents magasins de sport (préparation psychologique obligatoire) pour :

- s’équiper de lunettes et autres casquettes

- et ne pas s’équiper d’un réchaud de randonnée et de chaussures de marche….. en état de marche,

nous passons Bagnères de Luchon vers le Col de Peyressourde et la Vallée d’Oô et arrivons au hameau des Granges d’Astau : côte 1150 m.

Repas rapide et préparation fébrile des sacs : « faut-il prendre le duvet ?, la radio ?, quoi emporter pour manger ?, tu as pris une lampe ?, fais voir ton sac, oh c’est bien lourd ! n’oubliez pas les maillons ».

Nous prenons le GR10 qui traverse les bois, accompagnés par les derniers touristes et autres sportifs (escalade, VTT montés sur l’épaule, haute montagne) pour une heure de montée soit 350 m.

Le célèbre lac d’Oô 1504m et 70m de profondeur est un site des plus visités en France. La cascade qui l’alimente descend de 275m plus haut qu’il nous faut gravir parmi les derniers bois.

Au lac d’Espingo (1882 m), petite halte pour reprendre son souffle. On quitte le GR10 vers le lac de Saussat (1921m). Déjà dans l’ombre, il reflète les couleurs automnales des derniers bois et des fougères ; c’est un vrai miroir doré que nous avons peine à quitter, surtout Christian qui se bat avec la semelle volante de sa godasse : c’est en claudiquant qu’il continuera la route avec une chaussure saucissonnée à la suspente.

La Coume de l’Abesque nous invite à grimper encore 600 m (plus de 2 h) à travers rochers à escalader et quelques passages aux dalles bien aménagées. La montée est très rude, les écarts se creusent, chacun va à son rythme, la marche est silencieuse, le souffle est court pour dépasser les 2000 m.

Au bout de 4H15 de grimpette et encore en tee-shirts, le refuge nous accueille pour la nuit près du lac du Portillon à 2520 m. Découverte : pas de gaz, merde donc pas de soupe chaude ni de tisane, mais assez de couvertures pour tous. Trois randonneurs pour compagnons, demain ils montent le pic des Gourgs Blancs 3129 m. La nuit arrive vite et à 20H30, dodo pour tous. Quel bonheur à 5 heures du matin d’aller pisser sous le clair de lune reflété par les glaciers qui habillent des fantômes de plus de 3000 mètres.

Réveil à 8 h et départ à 9 h. Nous cherchons le sentier à l’ouest et longeons de petits étangs gelés (finalement ça a serré cette nuit). La grimpe est dure pour nos muscles encore endormis mais le soleil sur cette face Est nous réchauffe vite. Comment va être le déco ? Et s’il y a trop de pierres ….. et le vent ?si c’est trop fort . Pourra-t-on décoller ? Christian ne veut pas redescendre à pied sur …… un pied. Le spectacle que nous découvrons est grandiose, nous dominons la couche d’inversion et au loin vers le nord les premiers contreforts des Pyrénées. Vers le Sud un grand cirque de sommets à plus de 3000 nous sert de décor pour le déroulement de notre symphonie en vol majeur , avec dans la fosse d’orchestre d’un côté le lac du Portillon de l’autre le lac Glacé qui reflète les sommets enneigés. Leurs noms sont une invitation à la poésie : pic Royo, pic des Crabioules, Cap du Seil de la Baque, pic des Spijeoles... Nous décollerons sous les yeux de ces majestueux spectateurs.

Le déco de la Tusse du Montarqué 2889 mètres est un petit plateau empierré, rien ne pousse au milieu de cet univers minéral. Une petite brise Nord Ouest est vite identifiée et l’axe du déco établi.

Christian déballe alors une surprise de son sac : nous allons inaugurer les nouveaux tee-shirts du club : — Faï-petar lou cunimb miladiu !— Nous immortalisons cet instant par des photos, quelques-unes témoignent d’une tension certaine.

Christian sert de fusible, Jean-Claude de disjoncteur, Bertrand puis Sébastien complètent l’escadrille. Nous survolons le lac Glacé 200 mètres sous nos pieds et nous appuyons sur les faces Est ensoleillées. Les lacs encore dans l’ombre sont magnifiques, une mention particulière pour le lac et la cascade d’Oô. Jean-Claude voit un groupe d’isards et un gros cerf dévalant des crêtes juste avant de déboucher sur le beau Val d’Esquierry enherbé avec ses bergeries de montagne.

« 30 minutes de vol magnifique, magique, indescriptible, on ne s’en lasse pas

Les granges d’Astau accueillent notre retour sur terre, vent de face ou vent de cul, Jean-Claude loupe de justesse les oreilles d’un âne. Le bon resto du coin nous régale d’un repas bien mérité....

Ce vol exceptionnel est un subtil équilibre d’efforts et de magie »

Bertrand, Christian, Jean-Claude, Sébastien.



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jeudi 1er janvier 1970

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