Stage SIV à Talloires

lundi 4 juillet 2011

Le compte rendu du stage SIV , avec ce que j’en ai retenu (il y a peut être des corrections techniques à apporter). Cet article a pour but entre autres de provoquer des discussions à ce sujet. Posez vos questions et faites part de vos remarques dans le forum attaché (modéré au vu des nombreux spams), les personnes compétentes pourront répondre. (voir "Répondre à cet article" en bas de page)

Stage SIV à Talloires : du samedi 18 au lundi 20 juin

Le stage d’une durée de 2 jours était programmé sur une plage de 3 jours afin pouvoir rattraper une journée en cas de météo défavorable. La journée du samedi étant annulée pour cause de mauvais temps, la stage a débuté le dimanche.

8 parapentistes du club étaient présents : Bernard Garcia, Michel Genestous, Victor Dos Santos (dit l’Ancien), Bruno Lacaze, Sébastien Vernhet, Jean-Philippe Pradel, Stéphane Caprasse et Victor Afonso (le jeune).

Les plus anciens tenant à ménager leurs vieux os sont installés au gîte les Alérions, à quelques centaines de mètres de l’école Flyéo, alors que les plus jeunes ont installé leur tente au camping à proximité.

Samedi :

Rendez vous à 17 h à l’école Flyéo où nous faisons connaissance de notre moniteur Anthony.

Nous commençons par la vérification de l’extraction des secours. Si selon Anthony le pliage, dans la mesure où il a été fait avec le minimum de soins et en suivant les recommandations du constructeur, ne nécessite pas de vérification systématique, il est par contre impératif de contrôler le bon positionnement du parachute dans son container et la facilité de son extraction , ainsi que le lovage des suspentes dans le pod et la fixation des maillons aux épaules.

La vérification a montré que pour certains ayant leur secours sous l’assise de la sellette, le positionnement du pod dans son logement latéral méritait bien un contrôle. Le pod doit parfaitement glisser dans celui-ci : la poignée doit être positionnée vers le haut, afin de favoriser le glissement du parachute dans son logement , et le faisceau de suspentes doit être placé derrière le pod afin de ne pas gêner son extraction. Inutile aussi de serrer les maillons avec une pince, il faut les bloquer à la main et empêcher leur ouverture avec un gros adhésif collé tout autour (conseil des pompiers locaux en cas de branchage !). Anthony nous distribue un petit flotteur à accrocher à la poignée d’extraction afin de pouvoir récupérer le pod en cas d’ouverture du secours sur le lac , ainsi qu’un écouteur à brancher sur notre radio et une poche plastique pour rendre étanche le tout. Enfin, il nous fournit un gilet peu volumineux à enfiler sous la sellette, avec une cartouche de gaz qui déclenche son gonflage automatiquement lors d’un contact avec l’eau.

Nous exposons ensuite à tour de rôle ce que nous attendons du stage . Les attentes sont assez similaires, Victor le jeune étant le seul à priori à vouloir, selon l’expression locale, « envoyer du pâté » en fin de stage.

Anthony nous explique ensuite le déroulement du stage : 3 vols par jour avec un ou deux exercices spécifiques à chaque passage au dessus du lac. Les vols s’enchaînent environ de 9 h le matin jusqu’à 14 h 30, puis débriefing à la vidéo durant 2 h environ. Anthony guide notre passage depuis un bateau situé dans la box d’évolution, Yannick régule au déco les départs en lien avec Anthony (différentes écoles organisent leur SIV), Michel est notre chauffeur et Hubert est à la vidéo. Quatre personnes sont donc entièrement à notre disposition, sans oublier de plus Anaïs à l’accueil.

Après chaque passage, débriefing au bord de la plage et exposé de l’exercice suivant.

Le déco se fait depuis Montmin. L’atterrissage se fait en bordure de plage et de la réserve naturelle dont le survol est interdit en parapente, il est exclusivement réservé aux stages SIV. Les sites autour du lac d’Annecy sont remarquablement aménagés pour éviter la circulation anarchique et pour le respect de l’environnement. L’accès final se fait à pied pour les individuels, les écoles doivent payer un badge pour accéder à proximité du déco.

Anthony nous expose le 1er exercice : génération de tangage en freinant (très) fort symétriquement, puis temporisation du tangage « au moment où il faut » (schéma à l’appui) et en dosant comme il faut selon l’instant où celle ci est déclenchée.

Tout le monde s’endort avec tout de même une petite angoisse et des images de roulis, tangage....

Rendez vous demain matin à 8 h 30 à Flyéo.

Dimanche :

On se réveille avec la pluie sous un plafond bas. Anthony nous rappelle l’objectif du 1er exercice. La pluie cesse et le plafond se lève ; nous partons vers le déco de Montmin, avec environ 800 m de dénivelé sous les pieds.

Yannick gère les départs et annonce notre arrivée sur la box à Anthony. A sa demande, petit ¼ de tour vers la droite pour bien se faire repérer, gestuelle de la main vers la poignée du parachute, et à l’aplomb du lac, nous suivons « les yeux fermés » les ordres d’ Anthony.

1er exercice : génération de tangage en freinant fort symétriquement, puis temporisation énergique pour stopper net le tangage.

Le freinage ralentit fortement la voile, on peut y aller très très fort, bien plus que ce que l’on peut imaginer, le tout étant de ne pas garder la position freinée et de remonter les mains rapidement. Le pilote par effet pendulaire dépasse la voile, celle ci prend de la vitesse (abattée) et en fin d’accélération, une ressource est générée durant laquelle un nouveau freinage est exercé afin d’augmenter encore le tangage. Lorsque Anthony en donne l’ordre, un fort freinage est donné pour stopper net le mouvement de tangage. L’exercice est répété 3 ou 4 fois, en autonomie à la fin.

Remarques : on peut vraiment freiner très fort, la temporisation débute soit en fin de ressource ( la voile est encore derrière), le freinage doit alors être bien dosé et peut être maintenu un instant, soit en début d’abattée, le freinage doit être ici plus énergique, mais éviter alors de le maintenir. En résumé, plus la tempo est précoce, plus on peut la maintenir, plus elle est tardive, plus elle doit être énergique et brève.

Lorsque tout le monde est passé, débriefing rapide d’Anthony qui analyse le passage de chacun, conseille et explique l’objectif du 2nd passage.

2nd exercice : même exercice que le précédent (génération de tangage), puis sortie en virage dynamique. En fin d’abattée, la voile est en phase d’accélération et le pilote est à la verticale de celle-ci, juste avant que la ressource ne débute, freinage d’un côté et la voile amorce un virage dynamique (forte ressource dissymétrique) que l’on stoppe ensuite par un pif/paf (principe du frein/accélérateur) : freinage énergique du côté extérieur ( pif) tout en relevant la commande du côté intérieur (paf), puis temporisation de la voile comme dans l’exercice précèdent.

On mange rapidement un sandwich avant d’attaquer le dernier exercice de la journée.

3ème exercice : prise de deux suspentes sur les élévateurs A , et maintien du cap. Même chose en saisissant tout l’élévateur A ( 3 ou 4 suspentes selon les ailes), maintenir son cap, faire un tour complet côté fermé, reprendre son cap, faire un tour complet côté ouvert à la commande, et reprendre à nouveau son cap.

On se rend compte ici que toutes les ailes n’ont pas le même comportement lorsque l’on abaisse l’élévateur A, on peut fermer jusqu’à 70 % de l’aile (c’est le cas des Valluna), et on peut constater que ça vole toujours, ce qui est une nouvelle plutôt rassurante.

Débriefing vidéo :

nous avons tous une position dans la sellette bien trop en avant. Il faut être positionné derrière les élévateurs pour avoir un plus grand débattement aux commandes et pouvoir regarder la voile.

En résumé, Anthony essaie de faire passer le message suivant : quelque soit l’incident de vol, dès que l’on parvient à faire générer une ressource à sa voile, on est alors en situation favorable à l’arrêt de l’incident, donc l’essentiel est de reconnaître une telle situation et de savoir la gérer.

Après 2 heures de vidéo (la fatigue se faisant sentir pour beaucoup), Anthony nous libère et nous pouvons retourner à Montmin pour un vol libre.

Selon les recommandations de Bernard et de l’équipe qui a participé au stage cross récemment, nous allons manger la reblochonnade à la Charbonnière , restaurant typique où la salle à manger surplombe une étable (vide en cette saison). Le reblochon et la charcuterie sont à volonté ; le restaurateur a du un moment le regretter, heureusement qu’il a pu se rattraper sur les boissons !

Lundi :

Nous nous levons avec un magnifique temps, et nous rentrons de suite dans le vif du sujet.

4ème exercice : même exercice que le précédent, on prend tout l’élévateur A et on se penche à l’intérieur pour générer un début d’auto rotation, puis sortie rapide (en ¼ de tour) en contrant avec la commande extérieure, réouverture de la demi aile fermée, et contre de l’abattée générée par une temporisation. A faire dans les deux sens, puis en autonomie.

Michel anticipe l’exercice suivant en faisant partir sa Valluna en auto rotation.

5ème exercice : idem mais cette fois ci on laisse vraiment partir la voile en auto rotation ( le bord d’attaque de la voile est face planète, et la vitesse se stabilise au bout de un tour, un tour et demi), et sortie de l’auto rotation en contrant à la commande extérieure en se repositionnant préalablement en position neutre dans la sellette. A faire ensuite en autonomie. Contrairement aux 360°, une auto rotation, même si ça donne l’impression d’aller très vite, ne soumet pas à l’accélération que certains pilotes ont du mal à supporter en 360°.

Les voiles ne partent pas toutes de la même façon en auto rot, les Valluna engageant très rapidement, alors que Sébastien sous sa Mentor2 doit mettre tout le physique qu’on lui connaît pour réussir à la faire partir.

6ème exercice : un peu à la carte selon les envies de chacun

Pour tous, technique de descente rapide : un tiers d’accélérateur ; grandes oreilles (l’une, stabiliser la voile, puis l’autre) puis accélérateur à fond. On atteint alors aisément le – 10 m/s, vitesse que l’on peut encore augmenter en générant du roulis à la sellette. Avant d’atterrir, enlever l’accélérateur d’abord, puis les oreilles l’une après l’autre en stabilisant son vol entre chaque réouverture. C’est selon notre moniteur la technique de descente rapide la plus sure et la plus efficace, la descente aux B étant peu employée et nettement moins sure.

Victor A s’essaie aux wings.

Bernard, Michel, Victor DS et Stéphane partent en 360° et ouvrent leur secours, récupérés par Anthony dans le bateau. L’on se rend compte ici qu’un secours, ça descend très vite, la voile se mettant systématiquement en miroir ce qui augmente le taux de chute ; il faut donc la ramener vers soi, ce qui est quasiment impossible en tirant sur les B contrairement à ce que l’on peut lire dans pas mal d’ouvrages. La solution est de faire autant de tours de frein que l’on peut.

La journée se termine par le débriefing vidéo et l’évaluation du stage, le séchage du matériel pour ceux qui ont fait secours et un petit vol en restit depuis le déco de Planfait pour Victor l’Ancien, qui essaie une Sprint Xalps dont il fera l’acquisition, et Bruno.

Le retour se fait à Rodez vers 2h 00 du matin.

Bilan :

Il va sans dire que le bilan du stage est très positif pour tous. Il a permis de bien voir les limites de nos voiles , et l’on se rend compte qu’une voile, même au ¾ fermée, ça vole. Il démystifie les incidents de vol que l’on peut rencontrer, et montre que si l’on a la gestuelle adaptée il est généralement facile de les maîtriser. De plus, on a particulièrement apprécié la très grande compétence des moniteurs de Flyéo, qui ont un coup d’œil extraordinaire pour voir le petit détail à corriger 600 m au dessus d’eux. Ce sont tous des parapentistes chevronnés qui pratiquent à un niveau national, et il vrai que l’on n’enseigne bien et ne parle bien que de ce que l’on pratique très bien (sauf pour le foot !).

Nous ne saurions que recommander un tel stage pour tout parapentiste souhaitant se rassurer ou progresser.

Ce stage s ’est déroulé aussi dans une très bonne ambiance, avec des moments inoubliables et improbables tels que :

  • la reblochonnade à l’auberge de la Charbonnière, où Michel a retrouvé une ancienne connaissance perdue de vue depuis une quinzaine d’année
  • Stéphane qui a constaté que faire passer des valises de billets à la frontière suisse n’est pas aussi aisé que l’on peut le penser
  • Victor l’Ancien qui s’est retrouvé organisateur d’un séjour touristique et gastronomique pour une bande de Hells Angels savoyards
  • certains contraints pour communiquer au vu de la population étrangère présente sur les décos, de s’initier à l’essentiel de la langue de Goethe.....

Bientôt une vidéo avec les meilleurs moments.



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